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#dansmesroyaumesabandonnés
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#lince… - Antoine Vigne
Comme un fantôme qui vous hante.
Mais bienveillant. Et accueillant. Et magnifique dans son austère indifférence. Il n’y avait pas à lutter contre lui, juste apprendre à le connaître, et réaliser que c’était lui qui changeait, doucement, tranquillement, à un rythme qu’il était parfois impossible de percevoir mais dont le glissement rendait souvent flagrante la permanence de l’être.
Le Vent des plaines, 2018 (extrait)
peut-être as-tu raison de t’en aller
sans rien me dire
Luisance, (extrait)
Le bus partit et Juan le regarda s’éloigner vers l’autoroute dans un brouillard de poussière sèche. Il ouvrit le paquet, y trouvant une petite toile brodée où il reconnut immédiatement le mur frontière, les courbes de niveaux, les routes qui remontaient depuis Nogales et un écrou fracturé qui surplombait le tout et qui pouvait représenter à la fois la libération et la séparation. Ou peut-être les rêves brisés qui constituaient un nouveau départ à partir du moment où on le choisissait. Et, au-dessous de l’ensemble, Carmen avait placé quelques mots tout simples mais où il reconnut une phrase qu’il avait prononcée devant elle : « Les chauves-souris s’envolent vers les étoiles. » Et il se mit à pleurer.
American Dreamer, Éditions courtes et longues, 2019 (extrait)
la plage devant moi, la fin du territoire, la fin du continent, la terre qui devient sable, se fragmente, 
s’effrite, se désagrège puis disparaît sous l’eau, les vagues, l’écume, le mouvement perpétuel
j’ai toujours imaginé le début du monde ainsi :
des vagues qui s’abandonnent, la plage à perte de vue, le lien, le lieu de rencontre entre le liquide 
et le solide, l’échange et le reflux, l’union et la séparation, le soleil, l’astre, le silence, la lumière,
la non-conscience
l’être qui nait ne sait rien, il est attente, contemplation
désagrège, (extrait)
– J’ai dû changer, Abuelo.
– On ne change jamais tant que ça.
– Ça fait vingt ans. J’étais un enfant.
– Vingt ans, déjà ?
– Je suis désolé, Abuelo. »
Le grand-père posa sa main sur celle de son petit-fils.
« Je sais que tu vis loin. »
Il s’arrêta encore.
« Mais tu as eu raison de revenir. »
L’un et l’autre se turent pendant quelques instants.
« Tu veux un verre de mezcal ?
– À cette heure-ci ?
– On a bien le droit, une fois tous les vingt ans… »
American Dreamer, Éditions courtes et longues, 2019 (extrait)
« Cette histoire n’est rien. Un moment volé au temps. Quelques heures entre l’Atlantique et Détroit, suspendues dans la chaleur de l’été au-dessus de l’asphalte désagrégé des rues. Le rêve d’une ville en décadence, la vitrine de nos échecs et de nos faillites, le fossé dans lequel on ne cesse de jeter les corps dépecés des exclus et des abandonnés. Le monde tel qu’il est. Un chaos perpétuellement renouvelé que nous cherchons sans cesse à rationaliser pour lui donner un sens et satisfaire notre fantasme d’équilibre. Et au creux duquel nous inventons nos vies. »
Tout s’écoule, Éditions Bartillat, 2023 (extrait)
une photo sur Instagram,
ton fil qui s’évapore dans les montagnes fumeuses de Caroline du Nord
pourquoi l’as-tu postée au monde plutôt que de me la transmettre, à moi ?
quel égoïsme dans l’amour, quel égocentrisme (le mien)…
j’annule la possibilité de ton existence aux autres


te laisser reprendre ton souffle,
ne pas t’effrayer,
peut-être es-tu déjà mort à notre amour – quel droit ai-je de prononcer ce mot dans le doute –, à ce désir que tu inventes pour moi, je me laisse porter par le mirage
Luisance, (extrait)
Actualités
Difficulté à écrire dans les cafés, il y a de … - Antoine Vigne
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Difficulté à écrire dans les cafés, il y a de la musique partout. Pas un où j’ai vraiment trouvé le calme depuis un mois alors que, chaque fois, avant d’entrer, j’espère. Bouchons d’oreilles donc, pour m’enfermer dans un espace qui convient et travailler. Le silence comme un luxe inaccessible. Mais la Porte Dorée reste un havre où je me retrouve, et cela englobe le café des Cascades et sa musique… parce que baucoup d’histoires mêlées s’y croisent, parlent de Charenton, de ma grand-mère, ma tante, mon parrain et Danièle, la Foire du Trône, ma mère évidemment et mes séjours contemporains.

Rennes avec Arthur, deux jours seulement, journée à Saint-Malo, la foule des grands jours dans les rues minérales qui manquent de charme. Peut-être est-ce la promiscuité, je ne m’identifie pas à ces couleurs, mais la grandeur refaite dans les années 1940-1950 par Louis Arretche incarne l’un des fantômes de la reconstruction qui me suivent et qui racontent un monde où j’ai eu l’impression de grandir. Envie de chercher plus loin l’histoire de ces villes entièrement réinventées après la guerre, la signification de l’urbanisme social, le conflit de l’identique et de la modernité, le béton qui sauve.

Belle marche ensuite sur le Sillon depuis les rochers sculptés de Rothéneuf. Histoire étrange de l’abbé Fouré et ses oeuvres d’art brut qui échappent complètement à la sphère religieuse. Cet espace vide entre sa vie spirituelle et sa pratique artistique m’intrigue.

Rennes, les Horizons, la ville moderne. Mon oeil se réfugie toujours dans ces lignes droites.

#rennes #arthur #minirécit #architecturedelarecontruction #architecturemoderne #louisarretche #béton #beautédubéton #saintmalo #abbéfouré #artbrut #weekenddeprintemps #fantômesetespacesvides

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25 avril 2023
Paris. Deux jours. Arriver. Trouver un équilibre…. - Antoine Vigne
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Paris. Deux jours. Arriver. Trouver un équilibre. Continuer à écrire. Reprendre ses marques, ses lieux, la Porte Dorée, mon roc dans le bois, courir sous la pluie, des heures au café des Cascades où la musique est trop forte mais les conversations me rappellent immédiatement les différences avec New York, le temps qui passe moins vite, tout ne s’offre pas à emporter. Écrire quand même. Hier, la tension palpable, évidente, triste. Démocratie abîmée par l’usage du pouvoir, un conte classique. L’évidence: nombre de ceux qui avaient voté contre Marine Le Pen à la dernière élection, ne le feront pas à la prochaine… le vaisseau fou s’emballe. Besoin d’un autre modèle de toute façon mais lequel? Hommage aux syndicats. Aux manifestants. Question de la violence, de la non violence aussi qui protège trop souvent l’ordre établi, son mythe. Trouver une voie qui reconnaisse d’abord la violence établie, celle qui écrase au quotidien.

Hier soir, Koltès a l’espacé Cardin du théâtre de la ville. Avec un beau Xavier Gallais. Mais le texte n’est pas servi par l’intrusion de la mise en scène. Un texte compliqué au départ dont je crois qu’il faut pouvoir l’entendre, créer l’espace qui le libère plutôt que d’ajouter des niveaux de sens (l’araméen, le Styx, Cain et Abel, la mort, le trou qui aspire le client à la fin). Mais belle petite soirée quand même. Marcher longtemps pour le métro ensuite au milieu d’une foule qui suit le tracé de la ligne 1 Rue de Rivoli au-dessus des stations fermées.

#atterrissage #home #paris #écrire #tensionetdétente #sentirlaville #mesancrages #rocherduzoo #mouvementsocial #démocratieendanger #koltès #théâtre #danslasolitudedeschampsdecoton #espacecardin #theatredelavilleparis

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24 mars 2023
Au Colorado, des associations catholiques dépense… - Antoine Vigne

Au Colorado, des associations catholiques dépensent des millions pour obtenir les données privées de téléphone de prêtres, de religieux pour les traquer sur les sites gay, jeter l’opprobre, détruire des vies déjà souffrantes sans doute, à l’étroit, servantes dans la douleur. Aberration. Des millions de dollars? Qu’on aurait pu utiliser contre la pauvreté, la faim, le froid. Mais non, l’homosexualité, la sexualité en général, beaucoup plus grave… Combat des combats de l’Eglise qui se ratatine.

Article étrange aussi, retrouvé dans mes pérégrinations inquiètes, irrépressibles, sur les stigmates et leur histoire, fantasme hallucinant promu et adulé par l’église en fait. Un signe dont la place semble disparaître aujourd’hui parce que la science, l’observation n’autorisent plus l’aberration?

Aberration aussi, au détour de lectures, le curé d’Ars qui ne voulait pas que les jeunes dansent dans son village, le curé d’Ars donc, l’exemple donné, vénéré, comme Bernard de Clairvaux d’ailleurs, même veine, même rigidité cadavérique… plus la chair souffre…Même principe que les stigmates au final, le sang de l’impureté, des règles devenu objet de redemption, de grâce sublime, de purification, annulation, renversement de la chute, du corps, mouvement ascensionnel. Le même mouvement ascensionnel qui contredit toute l’expérience humaine, la pousse, la chahute, la dégrade, profondément, il n’y a plus de place pour l’être, l’être incarné, d’où la fusion totale, nécessaire, et les aberrations, toutes les aberrations de purification, le feu, le bûcher, le confessional, forme adoucie de bûcher mais qui demande le reniement, la renonciation, la même, au mal qui règne, qui endolorit la chair. Dolorosa, mère de douleur, mère des douleurs, tout se tient, si bien que le cadre rigide écrase, abîme, comprime le corps, tout ce qui est corps, mais le cadre craque, son bois est mort, quand il lâchera, le vide qu’il contenait se répandra. Dans le feu. Consummation. De l’absolu. Qui n’était pas.

#homosexuality #homosexualité #gay #moralerestrictive #stupiditédesreligions #changerlelogociel #fighthate #religionscontemporaines #disparitionlenteetviolenteducatholicisme

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11 mars 2023
Beau livre, beau texte que ce Comme des bêtes de … - Antoine Vigne
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Beau livre, beau texte que ce Comme des bêtes de Violaine Bérot. Triste et beau sur la violence et l’aberration de notre monde, nos sociétés, l’incompréhension de ce qui ne n’est pas formaté, ce qui n’est pas réglé, aménagé, de ce qui s’échappe toujours, ce qui n’est pas formulé/formulable. L’Ours, ce garçon muet, ne parle pas, ne formule pas, il vit, il est beau, il comprend le monde, il le sent, il le soigne, et ceux qui l’acceptent l’accompagnent. Mais il y a le système tout autour, notre système, nos hôpitaux, la police, l’école, notre besoin de ranger, trier, aligner, contraindre, forcer, un système que les fées observent, connaissent, déplorent, contournent. Le texte de Violaine Bérot est un cri de révolte contre notre acceptation de la rigidité et de la stupidité, avec en toile de fond la violence faite aux femmes, le besoin viril de contrôler, savoir, juger, et penser qu’en fond de compte, c’était nécessaire. Les mots sont libres dans ce texte, et poétiques. Ils habitent les montagnes, ils se glissent dans la grotte. Ils attendent et ils observent. Avec tristesse. L’aventure des hommes. #vilainebérot #commedesbêtes #buchetchastel #violence #nature #violencefaiteauxfemmes #littérature #literature #instabook #instalivre #livres #livre #books #edition #lire #lecture

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11 mars 2023
Jolie soirée autour de Chantal Thomas et Julie Ot… - Antoine Vigne
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Jolie soirée autour de Chantal Thomas et Julie Otsuka à Albertine, avec Miriam Bridenne en modératrice. Des échanges autour de leurs deux livres qui parlent de nage, d’eau, de piscine et de mer, de l’habitude comme règle de vie, d’échappatoire et d’échappée. Chantal Thomas a des mots très doux sur la trace de la nage qui s’efface, se fond dans le grand tout de l’océan, elle parle du paysage, son importance, elle décrit avec délicatesse le roman d’Ostuka, la grande piscine où les gens reviennent chaque jour pour échapper aux ennuis extérieurs et dans laquelle survient une lézarde, une brèche, l’imprévu qui dérange, que certains choisissent de voir, d’autres non. Puis les deux autrices parlent de l’écriture, du choix de la fiction, de l’appropriation lente d’un espace de récit à travers le roman historique pour l’une, les nouvelles comiques pour l’autre, le rapport à la famille, à la mère pour les deux. Et Julie Otsuka parle de la beauté d’une piscine le matin avant son ouverture, la surface plane, parfaite, tranquille, l’attente de l’eau dans laquelle toute trace de la pagaille quotidienne a disparu. C’est un beau moment de découverte et de conversation. #albertinebookstore #chantalthomas #julieotsuka #souvenirsdelamaréebasse #julieotsukaswimmers #editionspoints #littérature #livres #récits #écrire #lire #prixfemina #anchorbooks #leaulapiscinelamer

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7 mars 2023
Un samedi à Chelsea, des expos dans les galeries:… - Antoine Vigne
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Un samedi à Chelsea, des expos dans les galeries: sublime découverte des photos de Zanele Muholi que nous ne connaissions pas à Yancey Richardson, mais également revoir les images de Larry Sultan des années 80, celles de Mitch Epstein à Riis Beach dans les années 1970 (rien n’a changé, rien ne change en fait) et puis l’installation vidéo de Charles Atlas, la fragmentation (toujours ce mot, encore la semaine dernière dans le documentaire sur Joan Didion, partout…) des images de Michael Clark, la danse qui se décompose en portraits de vie, de son, des bribes qui se joignent, se rejoignent, disjoignent les conventions, l’idée de totalité simple, narrative, le récit sans cesse voulu par les tenants du grand sens qui recouvre tout. D’autres images aussi, Rose Simpson à Jack Shainman, le hiératisme fluide des statues qui appellent des univers entiers, les dessins de Roberto Cuoghi, une petite série dans la grande installation mais dont chaque élément surprend avec ses accents médiévaux, Louise Bourgeois-esques, enfin les pérégrinations de Minervas Cuevas sur les terres désolées de l’aberration environnementale capitaliste.

Au même moment, d’autres histoires, d’autres récits que je rencontre au fil de mes pérégrinations, me tournent autour, celui de George Dyer et son suicide avant le vernissage de Bacon en 1971, celui de Leonora Carrington et son amour pour Max Ernst, sa vie à Mexico City comme tant d’autres artistes

Je lis Violaine Bérot, Ginsberg, les poèmes romains de Pasolini.

Petit tour d’horizon…

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7 mars 2023
Terminé Moby Dick. Monument effectivement… les … - Antoine Vigne

Terminé Moby Dick. Monument effectivement… les dernières pages à couper le souffle. Pas facile à lire en anglais. Cela m’a pris quelques semaines finalement. Avais l’impression de ne pas avancer mais la langue est flamboyante, pleine de références, d’un temps élastique qui englobe l’histoire de l’humanité, du savoir, de la nature immémoriale, des dernières découvertes. Les premières pages sont envoûtantes, l’auberge et la chambre qu’Ishmael et Queequeg partagent deviennent des sanctuaires sombres et mystérieux, chaleureux aussi, sensuels de masculinité forcément ambiguë. Les dernières interactions d’Ahab avec Pip, Fedarah ou Starbucks possèdent les moments les plus complexes psychologiquement, à tel point qu’on se demande pourquoi cela n’est pas venu avant. Mais c’est un point d’orgue magnifique au livre. Tant de descriptions de techniques de pêches, tant de rencontres sur les flots, et puis ce typhon qui semble emporter le bateau vers sa dernière épopée. On sent le vent se lever. Étonnant de penser qu’il a fallu quatre-vingt ans pour que ce livre soit traduit en français (par Giono en plus, avec Lucien Jacques) et publié en 1939. 1853-1939 donc: immense vide de l’attente…
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28 février 2023
Tant de choses compliquées pendant ce voyage à M… - Antoine Vigne

Tant de choses compliquées pendant ce voyage à Miami. Comme une tempête qui se déploie, the perfect storm, le déséquilibre permanent, l’incapacité de me concentrer, de me libérer du désir, des applis. Avec une forme de violence dans l’intensité du besoin qui mange les heures les unes après les autres, des bouts de nuit dont je sais que je ne les rattraperai pas, qu’elles empièteront sur mon travail la lendemain parce que je me réveillerai à la même heure, toujours. Je travaille quand même, je sais qu’une partie de la difficulté vient de cela, de ce moment de réécriture compliqué où je m’emmêle, je me sens fragile, menacé. Mais cela ne suffit pas à expliquer l’atmosphère générale de mon voyage, l’impression d’être perdu sans cesse, l’impression de solitude, l’impression de courir après les fantômes tropicaux de mes nuits sur la plage pendant Art Basel quand je travaillais pour Blue Medium, quand mes journéessur les stands et dans les foires se terminaient dans la demi-obscurité près des chaises longues empilées, des cahutes fermées face à la mer autour desquelles se glissaient des formes mouvantes, des corps cherchant et désirant, que je regardais les nuages filer en pensant à Hemingway, en rêvant à cette Floride fantasmée, celle de Julia Tuttle et des Brickell, celles d’un avant engloutissant aussi bien le temps des pionniers que celui des années 30 ou des années 50 ou 70, de l’Art Déco aux grosses voitures, des Juifs de l’après-guerre aux gays de la renaissance sud-floridienne. Mais avant l’argent bourgeois, grossier, stupide de ce maintenant que je ne réussis pas à saisir. Des heures donc, perdues. Essoufflées. Je regarde la mer et la lagune depuis le balcon de l’appartement de Steve. Je contemple les immeubles qui se multiplient, celui qui monte de l’autre côté de la rue, sur Alton Road, je tente trois mots, je m’arrête. Mais rien ne vient. Rien ne vient. Et impossible à ce moment-là de continuer à travailler, les quelques phrases que je jette sur l’écran ne signifient rien, elles sont une tentative de mon esprit de se convaincre que tout va bien, je maitrise, j’avance quand même, allez, un deuxième café pour continuer, mais non, NON, rien, je ne suis pas là.

25 février 2023
Au détour de recherches que je fais pour l’écr… - Antoine Vigne
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Au détour de recherches que je fais pour l’écriture d’un texte pour la Poste sur l’enluminure, ces scènes de l’Apocalypse de Lambert de Saint-Omer et celles de l’Apocalypse de Saint-Sever. Parler de la modernité des œuvres anciennes est un poncif. C’est la notion de modernité qu’il faut questionner, celle qui renvoie à l’image que nous avons de nous-même, de l’histoire, de l’aventure de l’humanité et de l’esthétique, celle de la permanence de l’être aussi, d’une certaine universalité (même si je n’aime pas trop ce mot, ses dangers, ses travers), une certaine élasticité à travers le temps, remettant en cause le fantasme de l’unicité des êtres, de leurs émotions. Nous sentons et voyons le monde si souvent de la même manière. Les réseaux sociaux et la répétition des émerveillements en images toujours similaires en sont la preuve. Si unicité il y a, elle est parfais dans notre expérience, le tohu-bohu de la mise en scène de ce qui nous fait, nous construit singulièrement. Mais, face au monde, nous revivons ce que tant d’autres vivent, ont vécu, de la fragmentation et de l’atomisation du quotidien, de l’expression. D’où le surgissement de ces images du XIe et XIIIe siècle qui semblent des bandes dessinées contemporaines. Et qui m’envoûtent. #enluminure #jourderecherche #nypl #écrire #création #fantasmedeluniversalité #fragmentationetatomisation #enpensantàjoandidion #tohubohudesémotions #bandedessinée #bd

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22 février 2023
Retrouver la lumière de Miami, les tons azuréens… - Antoine Vigne
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Retrouver la lumière de Miami, les tons azuréens des tropiques qui virent au pastel le matin et le soir, qui emportent la blancheur des bâtiments et les formes modernistes que j’aime. Le béton partout, sublime quand il est peint. Ou non. Tout autour la Floride et la richesse toujours plus visible, indécente, arrogante, contente d’elle même, insensible parce qu’incapable de sensibilité, les immeubles s’élèvent, les routes se couvrent chaque année de plus de voitures de sport, les bars, les restaurants changent. Le Miami Beach de l’entre-deux, des projects/HLM bon marché côtoyant les maisons de luxe disparaît peu à peu (ou brutalement selon l’échelle de temps qu’on choisit) mais les parcs, les palmiers, les raisiniers de mer reconquièrent aussi l’espace. Transforment les plages, annoncent la fin d’un abandon qui avait duré des décennies. Nostalgie évidemment de cet ensemble urbain qui disparaît dans la forme où je l’avais découvert dans les années 2000, accompagnée de la vision étrangement séduisante et effrayante de ce monde qui se croit invincible, qui refuse de voir les crises présentes et à venir. On sent des frémissements de changement comme partout: la mangrove qui reprend ses droits et ré-arrime le sable, les véhicules électriques qui se multiplient, mais si peu. Si peu face aux défis du monde contemporain. Et cet oubli absolu de l’insolence de la richesse, de l’absurdité de cette fausse prospérité heureuse dont les prémisses sont faussés parce qu’aveugles aux inégalités, à l’impossibilité de vivre dans cette opulence dispendieuse, folle, incontrôlée. Je pense étrangement et dans le même temps à la réforme des retraites, à l’incapacité du gouvernement de comprendre qu’aucune réforme n’est possible, souhaitable sans s’attaquer d’abord et avant tout aux inégalités flagrantes, à la pauvreté, à l’injustice généralisée. Miami est un conte de la folie de ceux qui croient que tout est argent. Elle s’enfoncera dans l’eau. Sous des tons azurs. #miami #floride #tropiques#richesseetinégalités #injusticesociale #folieetaberration #séductiondelablancheur #indécenceselarichesse #changementclimatique

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14 février 2023
Difficulté à écrire dans les cafés, il y a de … - Antoine Vigne
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Difficulté à écrire dans les cafés, il y a de la musique partout. Pas un où j’ai vraiment trouvé le calme depuis un mois alors que, chaque fois, avant d’entrer, j’espère. Bouchons d’oreilles donc, pour m’enfermer dans un espace qui convient et travailler. Le silence comme un luxe inaccessible. Mais la Porte Dorée reste un havre où je me retrouve, et cela englobe le café des Cascades et sa musique… parce que baucoup d’histoires mêlées s’y croisent, parlent de Charenton, de ma grand-mère, ma tante, mon parrain et Danièle, la Foire du Trône, ma mère évidemment et mes séjours contemporains.

Rennes avec Arthur, deux jours seulement, journée à Saint-Malo, la foule des grands jours dans les rues minérales qui manquent de charme. Peut-être est-ce la promiscuité, je ne m’identifie pas à ces couleurs, mais la grandeur refaite dans les années 1940-1950 par Louis Arretche incarne l’un des fantômes de la reconstruction qui me suivent et qui racontent un monde où j’ai eu l’impression de grandir. Envie de chercher plus loin l’histoire de ces villes entièrement réinventées après la guerre, la signification de l’urbanisme social, le conflit de l’identique et de la modernité, le béton qui sauve.

Belle marche ensuite sur le Sillon depuis les rochers sculptés de Rothéneuf. Histoire étrange de l’abbé Fouré et ses oeuvres d’art brut qui échappent complètement à la sphère religieuse. Cet espace vide entre sa vie spirituelle et sa pratique artistique m’intrigue.

Rennes, les Horizons, la ville moderne. Mon oeil se réfugie toujours dans ces lignes droites.

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25 avril 2023
Paris. Deux jours. Arriver. Trouver un équilibre…. - Antoine Vigne
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Paris. Deux jours. Arriver. Trouver un équilibre. Continuer à écrire. Reprendre ses marques, ses lieux, la Porte Dorée, mon roc dans le bois, courir sous la pluie, des heures au café des Cascades où la musique est trop forte mais les conversations me rappellent immédiatement les différences avec New York, le temps qui passe moins vite, tout ne s’offre pas à emporter. Écrire quand même. Hier, la tension palpable, évidente, triste. Démocratie abîmée par l’usage du pouvoir, un conte classique. L’évidence: nombre de ceux qui avaient voté contre Marine Le Pen à la dernière élection, ne le feront pas à la prochaine… le vaisseau fou s’emballe. Besoin d’un autre modèle de toute façon mais lequel? Hommage aux syndicats. Aux manifestants. Question de la violence, de la non violence aussi qui protège trop souvent l’ordre établi, son mythe. Trouver une voie qui reconnaisse d’abord la violence établie, celle qui écrase au quotidien.

Hier soir, Koltès a l’espacé Cardin du théâtre de la ville. Avec un beau Xavier Gallais. Mais le texte n’est pas servi par l’intrusion de la mise en scène. Un texte compliqué au départ dont je crois qu’il faut pouvoir l’entendre, créer l’espace qui le libère plutôt que d’ajouter des niveaux de sens (l’araméen, le Styx, Cain et Abel, la mort, le trou qui aspire le client à la fin). Mais belle petite soirée quand même. Marcher longtemps pour le métro ensuite au milieu d’une foule qui suit le tracé de la ligne 1 Rue de Rivoli au-dessus des stations fermées.

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24 mars 2023
Au Colorado, des associations catholiques dépense… - Antoine Vigne

Au Colorado, des associations catholiques dépensent des millions pour obtenir les données privées de téléphone de prêtres, de religieux pour les traquer sur les sites gay, jeter l’opprobre, détruire des vies déjà souffrantes sans doute, à l’étroit, servantes dans la douleur. Aberration. Des millions de dollars? Qu’on aurait pu utiliser contre la pauvreté, la faim, le froid. Mais non, l’homosexualité, la sexualité en général, beaucoup plus grave… Combat des combats de l’Eglise qui se ratatine.

Article étrange aussi, retrouvé dans mes pérégrinations inquiètes, irrépressibles, sur les stigmates et leur histoire, fantasme hallucinant promu et adulé par l’église en fait. Un signe dont la place semble disparaître aujourd’hui parce que la science, l’observation n’autorisent plus l’aberration?

Aberration aussi, au détour de lectures, le curé d’Ars qui ne voulait pas que les jeunes dansent dans son village, le curé d’Ars donc, l’exemple donné, vénéré, comme Bernard de Clairvaux d’ailleurs, même veine, même rigidité cadavérique… plus la chair souffre…Même principe que les stigmates au final, le sang de l’impureté, des règles devenu objet de redemption, de grâce sublime, de purification, annulation, renversement de la chute, du corps, mouvement ascensionnel. Le même mouvement ascensionnel qui contredit toute l’expérience humaine, la pousse, la chahute, la dégrade, profondément, il n’y a plus de place pour l’être, l’être incarné, d’où la fusion totale, nécessaire, et les aberrations, toutes les aberrations de purification, le feu, le bûcher, le confessional, forme adoucie de bûcher mais qui demande le reniement, la renonciation, la même, au mal qui règne, qui endolorit la chair. Dolorosa, mère de douleur, mère des douleurs, tout se tient, si bien que le cadre rigide écrase, abîme, comprime le corps, tout ce qui est corps, mais le cadre craque, son bois est mort, quand il lâchera, le vide qu’il contenait se répandra. Dans le feu. Consummation. De l’absolu. Qui n’était pas.

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11 mars 2023
Beau livre, beau texte que ce Comme des bêtes de … - Antoine Vigne
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Beau livre, beau texte que ce Comme des bêtes de Violaine Bérot. Triste et beau sur la violence et l’aberration de notre monde, nos sociétés, l’incompréhension de ce qui ne n’est pas formaté, ce qui n’est pas réglé, aménagé, de ce qui s’échappe toujours, ce qui n’est pas formulé/formulable. L’Ours, ce garçon muet, ne parle pas, ne formule pas, il vit, il est beau, il comprend le monde, il le sent, il le soigne, et ceux qui l’acceptent l’accompagnent. Mais il y a le système tout autour, notre système, nos hôpitaux, la police, l’école, notre besoin de ranger, trier, aligner, contraindre, forcer, un système que les fées observent, connaissent, déplorent, contournent. Le texte de Violaine Bérot est un cri de révolte contre notre acceptation de la rigidité et de la stupidité, avec en toile de fond la violence faite aux femmes, le besoin viril de contrôler, savoir, juger, et penser qu’en fond de compte, c’était nécessaire. Les mots sont libres dans ce texte, et poétiques. Ils habitent les montagnes, ils se glissent dans la grotte. Ils attendent et ils observent. Avec tristesse. L’aventure des hommes. #vilainebérot #commedesbêtes #buchetchastel #violence #nature #violencefaiteauxfemmes #littérature #literature #instabook #instalivre #livres #livre #books #edition #lire #lecture

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11 mars 2023
Jolie soirée autour de Chantal Thomas et Julie Ot… - Antoine Vigne
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Jolie soirée autour de Chantal Thomas et Julie Otsuka à Albertine, avec Miriam Bridenne en modératrice. Des échanges autour de leurs deux livres qui parlent de nage, d’eau, de piscine et de mer, de l’habitude comme règle de vie, d’échappatoire et d’échappée. Chantal Thomas a des mots très doux sur la trace de la nage qui s’efface, se fond dans le grand tout de l’océan, elle parle du paysage, son importance, elle décrit avec délicatesse le roman d’Ostuka, la grande piscine où les gens reviennent chaque jour pour échapper aux ennuis extérieurs et dans laquelle survient une lézarde, une brèche, l’imprévu qui dérange, que certains choisissent de voir, d’autres non. Puis les deux autrices parlent de l’écriture, du choix de la fiction, de l’appropriation lente d’un espace de récit à travers le roman historique pour l’une, les nouvelles comiques pour l’autre, le rapport à la famille, à la mère pour les deux. Et Julie Otsuka parle de la beauté d’une piscine le matin avant son ouverture, la surface plane, parfaite, tranquille, l’attente de l’eau dans laquelle toute trace de la pagaille quotidienne a disparu. C’est un beau moment de découverte et de conversation. #albertinebookstore #chantalthomas #julieotsuka #souvenirsdelamaréebasse #julieotsukaswimmers #editionspoints #littérature #livres #récits #écrire #lire #prixfemina #anchorbooks #leaulapiscinelamer

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7 mars 2023
Un samedi à Chelsea, des expos dans les galeries:… - Antoine Vigne
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Un samedi à Chelsea, des expos dans les galeries: sublime découverte des photos de Zanele Muholi que nous ne connaissions pas à Yancey Richardson, mais également revoir les images de Larry Sultan des années 80, celles de Mitch Epstein à Riis Beach dans les années 1970 (rien n’a changé, rien ne change en fait) et puis l’installation vidéo de Charles Atlas, la fragmentation (toujours ce mot, encore la semaine dernière dans le documentaire sur Joan Didion, partout…) des images de Michael Clark, la danse qui se décompose en portraits de vie, de son, des bribes qui se joignent, se rejoignent, disjoignent les conventions, l’idée de totalité simple, narrative, le récit sans cesse voulu par les tenants du grand sens qui recouvre tout. D’autres images aussi, Rose Simpson à Jack Shainman, le hiératisme fluide des statues qui appellent des univers entiers, les dessins de Roberto Cuoghi, une petite série dans la grande installation mais dont chaque élément surprend avec ses accents médiévaux, Louise Bourgeois-esques, enfin les pérégrinations de Minervas Cuevas sur les terres désolées de l’aberration environnementale capitaliste.

Au même moment, d’autres histoires, d’autres récits que je rencontre au fil de mes pérégrinations, me tournent autour, celui de George Dyer et son suicide avant le vernissage de Bacon en 1971, celui de Leonora Carrington et son amour pour Max Ernst, sa vie à Mexico City comme tant d’autres artistes

Je lis Violaine Bérot, Ginsberg, les poèmes romains de Pasolini.

Petit tour d’horizon…

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7 mars 2023
Terminé Moby Dick. Monument effectivement… les … - Antoine Vigne

Terminé Moby Dick. Monument effectivement… les dernières pages à couper le souffle. Pas facile à lire en anglais. Cela m’a pris quelques semaines finalement. Avais l’impression de ne pas avancer mais la langue est flamboyante, pleine de références, d’un temps élastique qui englobe l’histoire de l’humanité, du savoir, de la nature immémoriale, des dernières découvertes. Les premières pages sont envoûtantes, l’auberge et la chambre qu’Ishmael et Queequeg partagent deviennent des sanctuaires sombres et mystérieux, chaleureux aussi, sensuels de masculinité forcément ambiguë. Les dernières interactions d’Ahab avec Pip, Fedarah ou Starbucks possèdent les moments les plus complexes psychologiquement, à tel point qu’on se demande pourquoi cela n’est pas venu avant. Mais c’est un point d’orgue magnifique au livre. Tant de descriptions de techniques de pêches, tant de rencontres sur les flots, et puis ce typhon qui semble emporter le bateau vers sa dernière épopée. On sent le vent se lever. Étonnant de penser qu’il a fallu quatre-vingt ans pour que ce livre soit traduit en français (par Giono en plus, avec Lucien Jacques) et publié en 1939. 1853-1939 donc: immense vide de l’attente…
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28 février 2023
Tant de choses compliquées pendant ce voyage à M… - Antoine Vigne

Tant de choses compliquées pendant ce voyage à Miami. Comme une tempête qui se déploie, the perfect storm, le déséquilibre permanent, l’incapacité de me concentrer, de me libérer du désir, des applis. Avec une forme de violence dans l’intensité du besoin qui mange les heures les unes après les autres, des bouts de nuit dont je sais que je ne les rattraperai pas, qu’elles empièteront sur mon travail la lendemain parce que je me réveillerai à la même heure, toujours. Je travaille quand même, je sais qu’une partie de la difficulté vient de cela, de ce moment de réécriture compliqué où je m’emmêle, je me sens fragile, menacé. Mais cela ne suffit pas à expliquer l’atmosphère générale de mon voyage, l’impression d’être perdu sans cesse, l’impression de solitude, l’impression de courir après les fantômes tropicaux de mes nuits sur la plage pendant Art Basel quand je travaillais pour Blue Medium, quand mes journéessur les stands et dans les foires se terminaient dans la demi-obscurité près des chaises longues empilées, des cahutes fermées face à la mer autour desquelles se glissaient des formes mouvantes, des corps cherchant et désirant, que je regardais les nuages filer en pensant à Hemingway, en rêvant à cette Floride fantasmée, celle de Julia Tuttle et des Brickell, celles d’un avant engloutissant aussi bien le temps des pionniers que celui des années 30 ou des années 50 ou 70, de l’Art Déco aux grosses voitures, des Juifs de l’après-guerre aux gays de la renaissance sud-floridienne. Mais avant l’argent bourgeois, grossier, stupide de ce maintenant que je ne réussis pas à saisir. Des heures donc, perdues. Essoufflées. Je regarde la mer et la lagune depuis le balcon de l’appartement de Steve. Je contemple les immeubles qui se multiplient, celui qui monte de l’autre côté de la rue, sur Alton Road, je tente trois mots, je m’arrête. Mais rien ne vient. Rien ne vient. Et impossible à ce moment-là de continuer à travailler, les quelques phrases que je jette sur l’écran ne signifient rien, elles sont une tentative de mon esprit de se convaincre que tout va bien, je maitrise, j’avance quand même, allez, un deuxième café pour continuer, mais non, NON, rien, je ne suis pas là.

25 février 2023
Au détour de recherches que je fais pour l’écr… - Antoine Vigne
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Au détour de recherches que je fais pour l’écriture d’un texte pour la Poste sur l’enluminure, ces scènes de l’Apocalypse de Lambert de Saint-Omer et celles de l’Apocalypse de Saint-Sever. Parler de la modernité des œuvres anciennes est un poncif. C’est la notion de modernité qu’il faut questionner, celle qui renvoie à l’image que nous avons de nous-même, de l’histoire, de l’aventure de l’humanité et de l’esthétique, celle de la permanence de l’être aussi, d’une certaine universalité (même si je n’aime pas trop ce mot, ses dangers, ses travers), une certaine élasticité à travers le temps, remettant en cause le fantasme de l’unicité des êtres, de leurs émotions. Nous sentons et voyons le monde si souvent de la même manière. Les réseaux sociaux et la répétition des émerveillements en images toujours similaires en sont la preuve. Si unicité il y a, elle est parfais dans notre expérience, le tohu-bohu de la mise en scène de ce qui nous fait, nous construit singulièrement. Mais, face au monde, nous revivons ce que tant d’autres vivent, ont vécu, de la fragmentation et de l’atomisation du quotidien, de l’expression. D’où le surgissement de ces images du XIe et XIIIe siècle qui semblent des bandes dessinées contemporaines. Et qui m’envoûtent. #enluminure #jourderecherche #nypl #écrire #création #fantasmedeluniversalité #fragmentationetatomisation #enpensantàjoandidion #tohubohudesémotions #bandedessinée #bd

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22 février 2023
Retrouver la lumière de Miami, les tons azuréens… - Antoine Vigne
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Retrouver la lumière de Miami, les tons azuréens des tropiques qui virent au pastel le matin et le soir, qui emportent la blancheur des bâtiments et les formes modernistes que j’aime. Le béton partout, sublime quand il est peint. Ou non. Tout autour la Floride et la richesse toujours plus visible, indécente, arrogante, contente d’elle même, insensible parce qu’incapable de sensibilité, les immeubles s’élèvent, les routes se couvrent chaque année de plus de voitures de sport, les bars, les restaurants changent. Le Miami Beach de l’entre-deux, des projects/HLM bon marché côtoyant les maisons de luxe disparaît peu à peu (ou brutalement selon l’échelle de temps qu’on choisit) mais les parcs, les palmiers, les raisiniers de mer reconquièrent aussi l’espace. Transforment les plages, annoncent la fin d’un abandon qui avait duré des décennies. Nostalgie évidemment de cet ensemble urbain qui disparaît dans la forme où je l’avais découvert dans les années 2000, accompagnée de la vision étrangement séduisante et effrayante de ce monde qui se croit invincible, qui refuse de voir les crises présentes et à venir. On sent des frémissements de changement comme partout: la mangrove qui reprend ses droits et ré-arrime le sable, les véhicules électriques qui se multiplient, mais si peu. Si peu face aux défis du monde contemporain. Et cet oubli absolu de l’insolence de la richesse, de l’absurdité de cette fausse prospérité heureuse dont les prémisses sont faussés parce qu’aveugles aux inégalités, à l’impossibilité de vivre dans cette opulence dispendieuse, folle, incontrôlée. Je pense étrangement et dans le même temps à la réforme des retraites, à l’incapacité du gouvernement de comprendre qu’aucune réforme n’est possible, souhaitable sans s’attaquer d’abord et avant tout aux inégalités flagrantes, à la pauvreté, à l’injustice généralisée. Miami est un conte de la folie de ceux qui croient que tout est argent. Elle s’enfoncera dans l’eau. Sous des tons azurs. #miami #floride #tropiques#richesseetinégalités #injusticesociale #folieetaberration #séductiondelablancheur #indécenceselarichesse #changementclimatique

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14 février 2023